De la dernière demeure de Vincent van Gogh à l'atelier de Venette : l'histoire de notre modèle « Van Gogh ».
Maison Louis Drucker restaure et réédite la chaise de l'Auberge Ravoux, l'auberge d'Auvers-sur-Oise où Vincent van Gogh a vécu ses derniers jours.
L'Auberge Ravoux, dernière demeure de Vincent van Gogh
Vincent van Gogh s'installe à l'Auberge Ravoux — aussi appelée « Maison Van Gogh » —, à Auvers-sur-Oise, au printemps 1890. Il n'y vivra que 70 jours — il s'y éteint le 29 juillet 1890, dans sa chambre mansardée, sous les toits. Soixante-dix jours d'une intensité rare : 74 peintures, 57 dessins, 24 lettres, un carnet de croquis et une eau-forte. C'est à Auvers qu'il peint L'Église d'Auvers-sur-Oise, le Portrait du docteur Gachet ou encore Champ de blé aux corbeaux — plus d'une toile par jour, jusqu'à la fin.
« Je sais avec certitude que j'ai un sens de la couleur qui va se développer de plus en plus. »
Vincent van Gogh, lettre n° 260 à son frère Théo
En 1985, Dominique-Charles Janssens, homme d'affaires belge, achète et restaure l'Auberge Ravoux, en préservant intacte la chambre mansardée du peintre. Il poursuit depuis un rêve : faire revenir à Auvers-sur-Oise une œuvre de Van Gogh, qui serait exposée dans cette petite chambre — le plus petit musée du monde.
Un appel à l'atelier
Début 2025, M. Janssens appelle Bruno Dubois, PDG de Maison Louis Drucker : peut-il venir examiner les chaises en rotin de l'Auberge Ravoux ? À l'atelier, devant les chaises et les photographies, Bruno Dubois reconnaît le modèle « Guinguette » de Maison Louis Drucker, toujours présent dans nos archives : ces chaises ont été commandées à la Maison, lors de la réhabilitation de l'auberge, pour l'espace « Guinguette » qui complète la salle à manger Ravoux. Le projet se fait en deux temps : restaurer, puis rééditer.
C'est le travail dans lequel Maison Louis Drucker excelle depuis 1885 : chaque chaise étant fabriquée à la main, elle peut être restaurée à la main, des décennies plus tard. Ici, il s'agit de prolonger une chaise que l'histoire a rendue unique. Le rapprochement des dates ne nous a pas échappé : Maison Drucker est fondée en 1885 ; cinq ans plus tard, Van Gogh s'installait à Auvers-sur-Oise.
La chaise « Van Gogh », rééditée à la main
Le prototype de la réédition vient d'être achevé dans notre atelier de Venette. La chaise d'origine est le modèle Guinguette — la chaise simple des tables où l'on mangeait, discutait et peignait à la fin du XIXe siècle. Réédition à l'identique, fabriquée et garnie à la main, comme chaque pièce qui sort de l'atelier.
Les gestes sont ceux qui font une chaise en rotin Maison Drucker depuis les débuts : des perches de rotin étuvées puis cintrées sur gabarit pour la structure, et une garniture posée brin par brin, chaque brin agrafé et tendu à la main.
Selon la complexité du cannage, la garniture d'une seule assise demande de 3 à 30 heures de travail. C'est ce qui rend possible une réédition comme une restauration : une chaise faite main se répare et se retisse — l'atelier conserve d'ailleurs plus d'une centaine de moules depuis ses débuts.
Van Gogh nous inspire par sa formidable créativité et son sens aigu de la couleur — deux valeurs fondamentales de Maison Louis Drucker, qui fait dialoguer une cinquantaine de coloris de fibres et plus de cinquante cannages depuis ses débuts.
